
1. Historique
Le 8
mars 1857, à New York, une marche, organisée par des ouvrières du textile en
grève pour protester contre leurs mauvaises conditions de travail et les bas
salaires, est dispersée par la police et 70 manifestantes sont arrêtées.
Le 28 Février 1909, le premier « Woman’s day » est organisé par les femmes
du parti socialiste américain. Les femmes continueront à célébrer cette
journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
A Copenhague, lors de la deuxième conférence internationale des femmes
socialistes tenue au cours du Huitième Congrès Socialiste International se déroulant
du 28 août au 3 septembre 1910, Clara Zetkin, journaliste allemande, fait voter
une résolution proposant que les « femmes socialistes de tous les pays
organisent une Journée des femmes qui servira en premier lieu la lutte pour le
droit de vote des femmes » mais sans fixer de date.
1911 :
Le 19 mars, un million d’hommes et de femmes célèbrent
Le 25, 140 ouvrières d’une usine de textile à New York, trouvent la mort
lors d'un incendie, les portes étant fermées.
1913 :
Le dernier dimanche de février, les femmes russes organisent des rassemblements
clandestins, notamment à Saint-Pétersbourg.
Le 3 mars, les Étasuniennes manifestent à Washington pour réclamer le droit
de vote des femmes. Manifestations des femmes en Europe.
1914 :
8 mars, les femmes allemandes réclament le droit de vote (elles l’obtiendront
le 12 novembre 1918) ;
5 juillet, une manifestation est organisée à Paris par le groupement des
femmes socialistes.
1915 : 8 mars, la russe Alexandra Kollontaï organise à Christiana, près
d’Oslo, une manifestation des femmes contre la guerre.
1917 :
8 mars (soit le 23 février au calendrier julien de
Le lendemain (24), le mouvement de protestation s’étend : près de 150 000
ouvriers grévistes convergent vers le centre-ville. Débordés, les cosaques ne
parviennent plus à disperser la foule des manifestants.
Le 25 février, la grève est générale, les mots d’ordre sont de plus en
plus radicaux : « À bas le tsar ! », « À bas la guerre ! »
Dans la soirée, le général Khabalov, commandant du district militaire de
Petrograd, reçoit un télégramme de Nicolas II : le tsar ordonne de « faire
cesser par la force, avant demain, les désordres à Petrograd ».
Le 26 février, vers midi, la police et la troupe ouvrent le feu sur une colonne
de manifestants (plus de 150 personnes sont tuées).
Dans la nuit du 26 au 27 février, deux régiments d’élite, traumatisés
d’avoir tiré sur leurs « frères ouvriers », se mutinent.
Le 27 au matin, soldats et ouvriers prennent l’arsenal où ils s’emparent de
dizaines de milliers de fusils, aussitôt distribués à la foule.
Face à cette révolution populaire spontanée, les « politiques » tentent de
canaliser le mouvement. Aucun des grands leaders révolutionnaires n’étant présent
à Petrograd (Lénine et Martov sont à Zurich, Trotski est à New York,
Tchernov à Paris, Tseretelli, Dan et Staline en exil en Sibérie), c’est à
des dirigeants de second plan qu’échoit la responsabilité de diriger la révolution.
Dans l’après-midi, une cinquantaine de militants de tendances différentes
(bolcheviks, mencheviks, socialistes révolutionnaires, travaillistes) mettent
sur pied un Comité exécutif provisoire des députés ouvriers qui appelle les
ouvriers et les soldats de la garnison à élire leurs représentants : ainsi naît
le soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd.
Parallèlement, un groupe de députés de
Entre ce comité provisoire, inquiet devant l’extension des « désordres »,
et un soviet, troublé par la menace d’une contre-révolution, s’engagent de
longues négociations qui aboutissent, le 2 mars, à un compromis.
Le soviet reconnaît, en attendant la convocation d’une Assemblée
constituante, la légitimité d’un gouvernement provisoire à majorité libérale.
Cette reconnaissance reste subordonnée à l’application, par le gouvernement
provisoire, d’un vaste programme de réformes démocratiques, fondé sur
l’octroi des libertés fondamentales, le suffrage universel, l’abolition de
toute forme de discrimination, la suppression de la police, la reconnaissance
des droits du soldat-citoyen et une amnistie immédiate de tous les prisonniers
politiques.
Ce 2 mars 1917, à la surprise générale, l’état-major fait pression sur
Nicolas II pour que celui-ci abdique « afin de sauver l’indépendance du pays
et assurer la sauvegarde de la dynastie » ; Nicolas II renonce aussitôt au trône
en faveur de son frère, le grand-duc Michel qui, devant la protestation
populaire, abdiquera à son tour, le lendemain, 3 mars.
1921 : Lénine décrète le 8 mars « Journée des femmes » (l'URSS a adopté
le calendrier grégorien en 1918).
1924 :
1943 : des résistantes italiennes manifestent le 8 mars.
1944 : 23 mars, l’Assemblée consultative siégeant à Alger adopte le
principe du droit de vote des femmes par 51 voix pour et 16 voix contre : le général
De Gaulle signe, le 21 avril, l’ordonnance accordant le droit de vote aux
femmes qui deviennent ainsi électrices et éligibles.
Cette ordonnance est confirmée le 5 octobre par le Gouvernement provisoire de
Les françaises voteront pour la première fois lors des élections municipales
des 29 avril et 13 mai 1945.
1946 :
1947 : le 8 mars, Léon Blum salue la place importante des femmes dans
19
1967 : 7 Novembre, déclaration de l’Assemblée générale des Nations Unies
sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes : l’Assemblée
proclame
1975 : « année des Femmes » : l’Organisation des Nations Unies proclame le
8 mars comme Journée internationale des femmes « pour célébrer la lutte
historique concernant l'amélioration des conditions de vie des femmes ».
1977 : le 16 décembre, l'Assemblée générale des Nations Unies invite les États
à proclamer, comme il conviendra en fonction de leurs traditions et coutumes
historiques et nationales, un jour de l'année « International Day of Women and
International Peace » (Journée internationale des femmes et de la paix
internationale).
Les États ont été priés de contribuer à la création de conditions
favorables à l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et à
leur pleine participation, sur un pied d'égalité, au développement social (résolution
32/142).
Dans la plupart des pays,
1982 : 8 mars,
1986 : 8 mars, au Chili une manifestation est violemment réprimée tandis que
100 000 personnes manifestent à Washington contre la suppression du droit à
l'avortement.
1998 :
2.
Olympe de Gouges
Marie Olympe Gouze, dite Olympe de Gouges (1748-1793), écrivain de romans et de
pièces de théâtre, publia, en septembre 1791, une « Déclaration des droits
de la femme et de la citoyenne », précédée d’un préambule adressé à
Marie-Antoinette : « Cette Révolution ne s’opérera que quand toutes les
femmes seront pénétrées de leur déplorable sort et des droits qu’elles ont
perdus dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce
sexe malheureux et vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume et le
tiers au moins de l’autre. »
Elle rédigea également des pamphlets contre Marat (« avorton de l'humanité
») et Robespierre (« animal amphibie »)...
Celle qui fut guillotinée comme girondine le 3 novembre 1793, avait écrit, à
l’article 10 de sa Déclaration, cette phrase prophétique : « Une femme a le
droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à
la tribune. »